Grâce à Paris Blogue-t-il et au hasard du calendrier j'ai pu assister au débat organisé autour de Nicolas Hulot hier soir à l'Entrepot, au lendemain de l'annonce de sa non-candidature à l'élection présidentielle. Ecouter l'animateur d'Ushuaïa Nature expliquer le sens de son engagement, la philosophie de sa démarche et les raisons de son retrait de la course à l'Elysée sans les coupes des médias, les commentaires soi-disant avertis des politologues et les commentaires des concurrents c'est pouvoir analyser en toute objectivité. D'autant qu'il y a une chose de certaine : le charisme de Nicolas Hulot ne vient pas de techniques apprises au cours de longues séances de media training. Non sa force pour convaincre vient de sa sincérité et de sa connaissance du sujet.
L'explication du projet du Pacte Ecologique pendant près de 45 minutes (sans notes, ni discours imprimé) procède d'un enchainement logique, avec anecdotes, chiffres et citations à l'appui. Comme dans ses émissions on retrouve un sens de la formule comme lorsqu'il propose de "trouver un équilibre entre la société de l'avoir et la société de l'être". Et puis sa démonstration est implacable : notre mode de vie épuise les ressources naturelles à un rythme qui empêche leur renouvellement.
Pour lui l'important c'est que chacun et en particulier les décideurs politiques comprennent que la situation est suffisamment grave pour faire de ce sujet une priorité. C'est tout le sens du Pacte Ecologique et de la démarche qu'il a incarné autour : mettre les politiques sous pression, les pousser à s'engager. Son retrait ne signifie pas pour autant qu'il considère sa mission accomplie. Entrer dans la course était pour lui le geste ultime, la solution de la dernière chance. Il cherche plus à rassembler les bonnes volontés qu'à diviser les Français en chapelle électorale. Dans sa décision il y a en effet beaucoup de lucidité sur la politique actuelle faite d'annonces et de marketing politique plus que de projets et de convictions. Et il y a surtout la volonté de rester le plus possible hors du combat politicien pour garder sa légitimité lorsqu'il interpelle les hommes politiques.
En fait il voit plus le 22 janvier (date de l'annonce de sa non-candidature) comme un début plutôt que comme la fin de son Pacte Ecologique. Mais si plus de 500.000 français ont déjà signé ce Pacte, il ne faut pas relacher la pression pour autant. Et ne pas oublier que signer ce Pacte ce n'est là aussi que le début d'une prise de conscience.